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L'ours en question
Une espèce en voie d'apparition

Qu'est-ce qu'un ours ? Qu'est-ce qu'un "nounours" ? Quel genre d'individu se cache derrière ces appellations d'origine incontrôlée, et néanmoins qualificatifs?
Si la réponse semble évidente aux initiés, elle l'est beaucoup moins pour ceux qui ne côtoient pas le milieu gai, et encore moins le milieu "ours".
Cette page s'adresse donc à ceux qui, par curiosité ou étonnement chercheront à en savoir plus sur l'ours gai.

Contrairement à ce que l'on imagine généralement, l'Ours n'est pas forcément une créature sauvage vivant uniquement en montagne ou en forêt. Il vous est probablement arrivé d'en croiser en ville, peut-être même chez votre boulanger préféré; mais vous n'avez peut-être pas su ou pas eu le temps de le voir. Ou bien l'Ours est un animal qui ne vous passionne tout simplement pas. Mais rassurez-vous, cela ne fait pas de vous un individu hors normes...

Il existe en fait plusieur types d'ours au sein de cette communauté particulière de gais...

Un ours parmi d'autresImaginez dans un premier temps un individu plutôt grand, au visage rond ou au contraire carré et massif, large d'épaules façon troisième ligne d'une équipe de rugby, pourvu d'un cou plutôt court, d'un torse large lui aussi, de bras forts, bien campé sur ses jambes, et ayant généralement plus de la trentaine. Ajoutez une barbe, une moustache, un beau pelage sur le torse (c'est un minimum). Donnez lui un air bonhonne, entre le rugueux et le pataud, façon mal léché mais gentil quand même. Ensuite, donnez-lui une démarche qui balance légèrement de gauche à droite aller-retour, kilos et surplus de bière obligent... Habillez-le en XXL et finissez avec une touche de force tranquille prête à disparaître au premier doigt de pied écrasé... Vous voilà avec un bel ours ! Un comme on les aime au Bears'den. Il peut être brun, blond, blanc, noir, peu importe c'est un ours. "Bear" pour nos amis anglo-saxons.
Le même, éventuellement plus jeune et plus petit, mais beaucoup plus enrobé, sera considéré comme un nounours. Un "Chubby Bear" ou "Teddy Bear".

Maintenant, imaginez le même, au-delà de cinquante ans, avec pas mal de kilos en plus, un début de calvitie, le poil gris, et l'air un peu fatigué et dépassé par les événements... c'est un ours blanc, pas de doute ! Un "Daddy Bear" chez nos mêmes amis anglo-saxons. Et les Daddy Bears sont aussi les bienvenus au Bears'den.

Et pour finir, imaginez toujours le même ours entre vingt et trente ans, moins fatigué, moins lourd, moins fort, à peu près aussi velu, mais surtout plus dynamique et surexcité, comme celui de la pub pour l'eau minérale (sauf que son eau à lui, elle mousse pas...). Ca donne un ourson. Un "Cub" pour nos incontournables amis anglo-saxons. Ce sont ceux qui occupent la piste de danse du Bears'den le plus souvent.

L'ours est un mélange subtile de rugosité et de douceur, de force et de délicatesse. C'est ce qui fait son succès auprès de ceux qui l'aiment.
L'ours affirme sa virilité autant par son aspect extérieur que par des attitudes résolument mais naturellement masculines, refusant du même coup que l'on compare sa "gaytitude" à celle d'un drag-queen hystérique à deux francs. Car contrairement à ce que tendrait à nous faire croire une vieille rengaine selon laquelle l'homosexualité n'est jamais que l'expression de la part de féminité de tout homme, il se pourrait bien que l'homosexualité de l'ours soit la pleine expression de sa masculinité et de sa virilité qu'il aime à confronter à celle des autres ours.

Le phénomème "Ours", encore récent en France, tend à se développer de plus en plus alors que les goûts et critères de chacun changent progressivement eux aussi. A l'inverse, il est depuis longtemps répandu aux Etats-Unis et dans certains pays d'Europe tels que l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Hollande. Pas une grande ville outre-atlantique et outre-manche, qui n'ait son mouvement, ses bars, ses discos, ses moto-clubs et ses défilés annuels d'ours gais.
Les "Bear Burst" et "Bear Pride" font échos jusque sur Internet où il est possible, bien entendu, de voir qui a été élu Monsieur Ours de l'année à New-York, San-Francisco, Londres ou Munich. De plus en plus, on délaisse la folle affolée et pourtant drôle, au profit de l'ours sympathique, rondouillard, jovial et rigolard.

 

Et le Bears'den dans tout cela...?

Ainsi, vous savez ce qu'est un ours dans la communauté gaie. Mais pourquoi un lieu réservé aux ours à Paris, vous demandez-vous... Il y a en fait plusieurs raisons à cela.
La première est que l'ours type ne répond pas aux critères physiques habituels. Notre mentalité de latins a toujours privilégié la beauté jeune, lisse, sculptée, sans défauts. Les rondeurs, une pilosité importante, et l'âge mûr ne sont pas, généralement, les bienvenus dans les endroits où l'on s'amuse à Paris. D'où la nécessité pour les ours de pouvoir se retrouver dans un endroit où ils ne sont pas objet de rejet.
La deuxième raison est que, de toutes manières, l'ours tend à rechercher la compagnie des ours. Sans pour autant chercher à s'enfermer dans un ghetto, bien entendu. Car être un ours ne signifie pas seulement en avoir l'apparence. C'est aussi un état d'esprit, une façon d'être, une façon de vivre. L'ours est un individu généralement paisible, tranquille, et qui trouve difficilement sa place dans les lieux branchés où la superficialité règne souvent.

Pas de panique, donc, lorsque vous croiserez un de ces spécimens à l'avenir. Ce genre d'ours ne vous veut aucun mal et si son aspect n'est pas, à priori, vraiment engageant selon vos propres critères, il est l'un des êtres les plus doux, communicatifs et conviviaux qui soit dans notre communauté.